L’Enquête Globale de Transport (EGT) est une enquête de grande ampleur sur les
déplacements des Franciliens. Depuis vingt-cinq ans, elle permet de suivre et d’interpréter les
évolutions des pratiques des habitants de la région en matière de déplacements. Elle constitue
une source précieuse d’informations pour élaborer les politiques régionales d’amènagement et
pour prévoir les services et les infrastructures de transport.

Synthèse des résultats
Sans prétendre à l’exhaustivité cette étude a pour objectif de présenter un panorama le plus
complet possible de la mobilité des Franciliens sous l’angle des distances parcourues. Au sein
de l’importante quantité d’informations déroulée tout au long de ce document on peut
distinguer plusieurs éléments particulièrement saillants et représentatifs de l’évolution de la
mobilité en Ile de France.
1. L’analyse de la mobilité à partir des distances parcourues conduit à renouveler la vision
habituelle qui repose sur la fréquence des déplacements : le rythme des évolutions est très
différent, tout comme la répartition selon ses composantes.
2. Alors que le nombre moyen de déplacements quotidiens d’un Francilien est resté stable à
environ 3,5 entre 1976 et 2001, le total des distances qu’il parcourt chaque jour a
augmenté de 3,6 km, passant de 13 à 16,6. Ce phénomène, associé à la croissance de la
population, fait qu’au total les distances parcourues en Ile-de-France ont augmenté de près
de 50%, soit 53 millions de kilomètres supplémentaires chaque jour.
3. 80% de cet accroissement est imputable aux déplacements automobiles dont le total des
distances parcourues (que l’on soit conducteur ou passager) a augmenté de 77% en 25 ans
alors que les distances totales parcourues en transport collectifs n’augmentaient, elles, que
de 30%.
4. L’analyse du nombre de déplacements avait conduit à dire que l’accroissement de
l’utilisation de l’automobile s’était faite au détriment de la marche, du vélo et du deuxroues
à moteur sans que la part modale des transports collectifs (de l’ordre de 20%) en soit
affectée. L’approche par les distances montre que la part du transport collectif régresse
elle aussi (de 41% en 1976 à 35% en 2001).
5. A elle seule, la grande couronne est responsable de 85% des distances supplémentaires,
qu’il s’agisse de déplacements internes à cette zone (50%), ou d’échanges avec Paris et la
proche couronne. Les déplacements internes à la banlieue représentent 70% du total des
déplacements des Franciliens, contre 30% pour ceux qui sont liés à Paris.
Nous avons eu
l’occasion, dans une précédente analyse1, de souligner le caractère hétérogène de ces
catégories où se côtoient des déplacements courts dans Paris intra-muros ou dans les
communes de banlieue, des déplacements longs entre communes et des déplacements très
longs en radiale entre Paris et la banlieue. L’analyse des distances parcourues le confirme
en faisant apparaître un poids plus élevé des déplacements liés à Paris : 36%.
6. Si le nombre des déplacements pour se rendre au lieu de travail a légèrement diminué (de
6%) en 25 ans, l’allongement de leur portée moyenne (qui est passée de 5,8 km en 1976 à
8,4 km en 2001) s’est traduit par un fort accroissement des distances parcourues sur ce
type de déplacement (+35%). Proportionnellement cette croissance des distances
parcourues a été encore plus forte pour les autres activités car à la hausse des portées
moyennes, souvent plus faible que dans le cas du travail, s’est ajoutée une forte
progression des volumes de déplacements. Néanmoins ces déplacements ont des portéespart les activités professionnelles ont contribué pour 40% à la hausse des distances totales
parcourues (hors retour au domicile) et que, d’autre part, malgré une légère baisse, le
poids des activités professionnelles dans le total des distances parcourus reste, en 2001,
majoritaire puisqu’il représente près de 53% de celles-ci.
7. Si les mobilités selon la zone de résidence tendent à converger vers le seuil moyen de 3,5
déplacements quotidiens (les parisiens ayant néanmoins toujours une mobilité légèrement
plus élevée que celle des autres Franciliens) la forte croissance démographique de la
grande couronne couplée à une nette progression des portées moyennes des déplacements
font que ses habitants sont responsable à eux seuls de 75% de l’accroissement des
distances parcourues depuis 25 ans. Avec des portées deux fois plus longues que celles
des Parisiens et 1,6 fois plus longues que celles des résidents de petite couronnes les
habitants de la grande couronne qui représentent 44% de la population francilienne
génèrent près de 60% des distances quotidiennes parcourues en Ile de France pour moins
de 50% des déplacements.
8. Plus on s’éloigne du centre, plus la voiture est utilisée fréquemment et ceci au détriment
des autres modes de transport. Un Parisien utilise la voiture trois fois moins souvent qu’un
résident de grande couronne et parcourt au total trois fois moins de kilomètres car les
portées des déplacements automobiles dépendent très peu de la localisation du domicile.
En revanche, les distances parcourues en transports collectifs sont équivalentes car les
déplacements d’un Parisien, trois fois plus fréquents sont aussi trois fois moins longs que
ceux d’un résident de grande couronne.
9. Les femmes réalisent désormais un nombre de déplacements quotidiens identique voire
supérieur à celui des hommes. Néanmoins et malgré une diminution de cet écart depuis 25
ans, les portées des derniers restent presque moitié plus longues que celles des premiers.
Ces différences tiennent principalement aux écarts entre les programmes d’activités des
hommes et ceux des femmes. Ces dernières font plus souvent que les hommes des achats
ou de l’accompagnement, activités qui sont associées à des déplacements courts, et
occupent moins fréquemment un emploi alors que les déplacements liés au travail sont les
plus longs. Au total et bien que les femmes représentent 52% de la population, elles ne
réalisent que 43% des distances parcourues quotidiennement.
10. Ce sont également les disparités de programme d’activité qui font qu’une personne entre
25 et 54 ans, donc au coeur de la période d’activité, réalise 22 km par jour environ, tandis
que les individus aux marges de cette période, soit les 15-24 ans et les 55-64 ans en font
16 km. Les classes d’inactifs se situent largement en deçà encore avec 8 km environ pour
les 65 ans et plus et 4,5 pour les moins de 15 ans.
11. Au sein des personnes actives, le phénomène principal est celui de la progression très
importante des distances quotidiennes parcourues par les ouvriers. Alors qu’ils étaient
proches des employés en 1976 avec 18 km quotidiens ils ont dépassé les cadres et
professions intermédiaires en 2001 avec 27 km, soit une croissance de 50% en 25 ans. Ce
phénomène est à rapprocher de la plus grande dispersion géographique du domicile des
ouvriers. Enfin, hors retour au domicile les déplacements pour activités professionnelles
peuvent représenter jusqu’aux trois quarts des distances parcourues quotidiennement par
les actifs.

source : Etude EGT 2002, Analyse & Commentaires IAU Novembre 2008