Voici une analyse complète du phénomène bio
Comment se reflète le phénomène bio sur notre société ? En quoi le bio est devenu un mode de vie ? Mythe ou la réalité du bio ? Le bio est-il un label qui fait vendre ?

I. Bio, un mode de vie .
1 ) Qui consomme ?
Portrait robot du consommateur bio français .
Un sondage a été réalisé, sur une population lycéenne composée aussi bien d’élèves que de professeurs . Si le fait que le bio, d’après les personnes sondées, reste tout de même cher et plutôt rare, sur 50 personnes sondées 30 déclarent consommer des produits bio au moins une fois par semaine .
Aux personnes qui ont répondu favorablement à la question « Consommez-vous bio ? », nous avons demandé quelles étaient les raisons qui les poussaient à cela .
Deux réponses arrivent largement en tête :
Première réponse : Une majorité des gens déclarent consommer bio dans un souci de santé essentiellement, car ils préfèrent faire confiance à des produits dits « naturels » lorsqu’ils le peuvent.
Deuxième réponse : L’autre majorité des personnes sondées ont déclaré consommer bio dans un soucis de protection de la planète , et dans un respect de la biodiversité naturelle et humaine car ils considèrent le bio comme non nocif pour l’environnement .
Le portrait type du consommateur bio français , malgré de nombreux sondages difficiles à synthétiser, se dégage tout de même assez clairement étant donné les réponses qui reviennent en plus grande quantité.
Ce qui le caractérise le plus est son respect de la nature, des autres personnes , de tout ce qui vit. Il en est tellement imprégné que, sa première préoccupation est d’éduquer les enfants à ce respect de la vie . Mais ce comportement ne se voit pas de suite, heureusement sa deuxième caractéristique permet de le reconnaître plus facilement : il consomme des aliments bio et possède souvent un jardin ou quelques plantes sur son balcon. Mais ce qui est le plus remarquable, c’est son engagement pour le recyclage des déchets. Il s’intègre dans le monde qui l’entoure car il vit bio partiellement. Son activité est plutôt orientée vers les études ou le contact avec la nature. C’est quelqu’un qui a tendance à se soigner naturellement et à réduire sa consommation. Mais les français sont aussi nombreux à multiplier les petits gestes quotidiens comme limiter les emballages, trier ses ordures, économiser et/ou récupérer l’eau, etc.
2) Agir & Consommer ( au sens large ) Bio, pourquoi ?
Pour la santé :
La première motivation d’achat des consommateurs de produits bio est le souci de santé. Ils aspirent à une alimentation saine, naturelle. La quête de goût authentique et le souci de l’environnement sont aussi des valeurs misent en avant par les personnes qui achètent du bio.
Pour l’environnement :
D’après une étude réalisée en France en 2000, l’agriculture est responsable de plus de 20 % des gaz à effet de serre (gaz carbonique, oxyde d’azote, méthane). La fabrication d’engrais chimiques et de pesticides est une grande consommatrice de pétrole (1 tonne d’engrais azoté = 2 à 3 tonnes de pétrole).
Manger des légumes de saisons ou des produits locaux permet d’agir sur l’effet de serre. En effet, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en pleine saison. En outre, on a la possiblité de limiter l’effet de serre , notamment en essayant de ne pas acheter des produits avec un un suremballage.
En fait choisir des produits bio, c’est contribuer à la protection de l’environnement tout en consommant des produits non nuisibles.
3) Agir & Consommer Bio, comment ?
Agir et consommer bio , prend diverse formes , et peut s’inscrire dans une vie de tous les jours. Mais attention, consommer ou agir bio ne signifie pas forcément faire construire sa maison en paille, l’équiper de panneaux solaires ou encore d’une éolienne. Consommer bio peut se faire simplement dans une vie quotidienne en ayant un jardin ou en participant par exemple au recyclage des ordures ménagères. De petits gestes simples permettent une protection de l’environnement et agissent pour les générations futures. Mais certains vont plus loin pour protéger l’environnement et agir pour l’écologie.
-> Exemple des " locavores "
Une nouvelle espèce ?
Les locavores sont une nouvelle sorte de consommateurs « bio » apparus à San Francisco il y a deux ans, qui est devenus un véritable mouvement basé sur une idée simple : Consommer et manger local ( en bio ) !
Ils ne consomment donc que des aliments produits dans un rayon de 200 kilomètres de chez eux. Au revoir les abricots pour Noël et les tomates en janvier !! Chez un "locavore", l’assiette est donc aux couleurs de la saison.
Le locavore privilégie donc les aliments cultivés ou élevés naturellement et va (re)faire connaissance avec les modes de conservation non industrialisés. Bonjour les salaisons et les conserves de grand-mère redécouvertes.
A l’opposé de « l’homme moderne » considéré comme une victime de la société de consommation, « le locavore » n’a que faire de tout ça, s’en remettant au goût du jour et en exploitant pleinement les cadeaux proposés par Dame nature.
Les locavores les mieux organisés s’associent même en coopérative et ce sont les agriculteurs qui viennent les livrer à domicile. Les locavores chanceux transforment leur jardin en jardin ouvrier afin de partager leur production dans la coopérative.
En conclusion , on peut affirmer que « le locavorisme » est un exemple d’utopie concrète représentant une alternative au mode de production et de consommation du libre-échangisme capitaliste transnational.

II. Alors bio : Mythe Ou réalité ?
1) Est ce que manger signifie manger équilibré ?
Pas forcément ! Effectivement en général, lorsqu’on choisit des produits bio, on se préoccupe d’abord de la qualité de sa nourriture. C’est donc qu’on cherche à bien se nourrir, et qu’on a le souci de son propre équilibre alimentaire.
Différents scientifiques ont essayé, tâche plutôt ambitieuse, de mesurer l’impact direct sur la santé de la consommation des produits biologiques. De nombreuses études soulignent ainsi une meilleure résistance aux infections des animaux et des hommes nourris avec des végétaux issus du bio.
D’autres mettent en avant des bénéfices dans la procréation. Ainsi, un effet positif aurait été mesuré par exemple sur la fertilité de taureaux et de lapins nourris avec des produits bio… Manger bio aurait même un impact sur la santé des enfants : une étude souligne que, chez les femmes mangeant bio, on retrouve moins de résidus de pesticides dans le lait maternel.
Malgré cela, les avis des scientifiques se rejoignent en un point , manger bio n’a pas un effet vraiment important sur la santé. Le jugement est en effet assez subjectif. Quelqu’un qui possède un jardin considérera naturellement le fruit de son travail comme meilleur au goût et a sa santé qu’un produit synthétisé.
2 ) Un mythe ?
Il est peu évident de trouver un produit diététique qui ne contient pas le terme "naturel" inclut dans son nom, son étiquetage ou bien même dans le nom de la société qui le commercialise. Tout le monde sait bien que ce qui est "naturel" est meilleur que ce qui est synthétisé ou "non naturel". Mais le problème vient du fait que personne n’est en mesure de définir clairement ce que "naturel" signifie.
De part ce manque de définition, il n’existe aucune règle, aucune prescription, dans l’utilisation du mot "naturel" pour ce qui est de l’étiquetage du produit ou de la publicité. N’importe quelle entreprise peut donc affubler un de ses produits de la marque "naturel" sans crainte d’être poursuivie pour publicité mensongère. C’est les sociétés de produits diététiques qui sont ravies de cette imprécision parce qu’elles peuvent donner à leurs produits un sens mythique de « qualité » sans avoir à l’expliquer ou à se justifier.
3) L’idée recue d’un bienfait remontant aux plantes utilisés par nos ancêtres .
Rien n’est plus puissant qu’une idée, et rien de plus nuisible qu’une fausse idée ou une idée reçue que tout le monde considère comme vraie sans jamais la remettre en question ne serait-ce qu’un instant. La guérison par les plantes repose sur plusieurs mythes communément acceptés dont le principal, le chef de file, est l’idée selon laquelle tout ce qui est "naturel" est bon. Ces mythes, pourtant, ne tiennent pas face à un examen critique minutieux. Ils fleurissent parce qu’ils touchent à une corde sensible de la psychologie humaine. L’ industrie multimillionnaire des produits diététiques se sert de ces mythes comme d’un fabuleux plan marketing, et les utilise pour les consolider chez le public à un point tel qu’ils en sont devenus un élément à part entière de la culture.
4 ) Les Fraudes ou Utopies « écologiques »
Que ce soit alimentaire ou matérielle la fraude à l’écologie existe.
Et en matière d’arnaque écologique, les constructeurs automobiles et les compagnies pétrolières rivalisent d’imagination pour nous faire avaler la pilule de la “voiture propre”, des carburants “bio”, des “voitures vertes” ou autres “éco-voitures”. En fait, la mode automobile du moment consiste principalement à ajouter les préfixes “bio” ou “éco” à tout ce qui concerne la production d’automobiles ou de carburants, alors même que la massification mondiale de l’automobile est pourtant en train de détruire notre environnement et la planète.
Une étude a été mené par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes concernant l’étiquetage illégal du sigle « bio » dans le commerce
Ainsi entre une tomate bio et une tomate traditionnelle, impossible de faire la différence à l’œil nu. Et évidemment certains n’ont pas résisté à la tentation de vendre sous l’étiquette bio des produits traditionnels. "Les fraudes, explique Vincent Polin de la DGCCRF ( Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes )se portent de préférence sur les produits en vrac (légumes, fruits, céréales ).
La plus grande arnaque a duré trois ans et a porté sur 50 000 tonnes de céréales. "Depuis, les contrôles ont continué, précise Vincent Polin. Les infractions relevées sont minimes car l’ensemble de la filière s’est améliorée".

III - Bio, un label qui fait vendre.
1 ) Expansion du phénomène.
Au total le marché du Bio croît de 10% chaque année depuis 1990, soit bien plus vite que le marché de l’alimentaire en général et le Bio s’impose de plus en plus comme l’alimentation de référence.
L’explosion de la consommation de produits biologiques se confirme avec un marché français estimé à 1,6 milliard d’euros en croissance de 10% par an depuis 1990.
Plus de huit femmes sur dix ont une image positive des produits biologiques, tandis qu’ une femme sur deux en consomme régulièrement selon une enquête CSA/Agence Bio.
3 Français sur 10 consomment des produits bio au moins une fois par mois, 7% en consomment tous les jours.
Selon le baromètre 2007 de l’agence Bio, en 2007 comme en 2006, 4 Français sur 10 - 42% exactement - ont consommé un produit bio au moins une fois par mois.
Alors que les produits bio existent depuis les années 70, ce n’est qu’à partir de 1990 que les grandes enseignes commencent à s’intéresser à ce créneau. Monoprix est le premier avec le création d’un rayon fruits et légumes biologiques. Et ça marche ! En 1991, l’enquête menée par cette enseigne montrait que plus de la moitié des acheteurs de fruits ou légumes bio n’en avaient jamais acheté avant que leur magasin ne leur en propose.
Une règlementation assez stricte :
Depuis 1993, une réglementation européenne très sévère est entrée en vigueur dans le domaine du bio, en particulier pour les produits d’origine végétale. Les produits d’origine animale sont eux régis par une réglementation nationale stricte définie par la loi de 1980 et son décret d’application de 1981. La présence du logo AB est la garantie que le produit est bien issu de l’agriculture biologique, accompagné de la mention "agriculture biologique - système de contrôle CEE" avec le nom de l’organisme certificateur. Cela signifie que le produit alimentaire concerné contient au moins 95 % d’ingrédients issus d’un mode de production agricole "biologique", c’est à dire qui utilise essentiellement des substances non synthétiques pour l’amélioration du sol, la lutte contre les parasites et maladies, y compris pour les semences et le matériel de reproduction. L’agriculture biologique répond ainsi à un cahier des charges rigoureux "de la fourche à l’assiette", depuis la production des matières premières, chacune des étapes de la préparation, de la transformation, du stockage, du conditionnement, et du transport des ingrédients et produits issus de l’agriculture biologique.
2) Du Bio à toutes les sauces.
De l’alimentation, les vêtements, en passant par nos shampoings ou nos manuels scolaires jusqu’au secteur de l’habitat comprenant aussi bien l’habitat en soi que son équipement le bio, autrement l’écologie touche tous les domaines de notre vie quotidienne .
Alors que les produits bio existent depuis les années 70, ce n’est qu’à partir de 1990 que les grandes enseignes commencent à s’intéresser à ce créneau. Monoprix est le premier avec le création d’un rayon fruits et légumes biologiques. Et ça marche ! En 1991, l’enquête menée par cette enseigne montrait que plus de la moitié des acheteurs de fruits ou légumes bio n’en avaient jamais acheté avant que leur magasin ne leur en propose.
De nos jours, de grandes enseignes comme par exemple la marque CARREFOUR, lance de grande campagne pour agir dans le sens du phénomène bio.
Le mouvement AGIR BIO
Cette publicité, souvent décrié, a pour but d’interpeller le consommateur en le prenant aux sentiments avec l’enfance et le fait d’agir pour les générations futures.
Cette manifestation du phénomène bio a travers le commerce , nous montre bien a quel point sa popularité a grandi en peu de temps.

Conclusion
Entre polémique et phénomène, le bio est perçu par notre société comme quelque chose de bien dans l’ensemble , dans un soucis de préserver leur santé les français, lorsqu’ils le peuvent, consomment bio. Bien que celui ci soit encore vu comme cher dans un contexte de crise économique , les français soucieux d’une morale de protection de la planète, achètent ou consomment bio. A travers les yeux de notre société, le bio est considéré comme un véritable phénomène. S’il ne fait pas encore l’unanimité et si certains ne font encore pas tout a fait confiance aux produits bio qu’on trouve a tout va, le bio on peut le dire constitue dans la société d’aujourd’hui un réel phénomène de consommation.