Finn Geipel planche sur Clichy-Montfermeil
Sans attendre le vote de la loi sur le Grand Paris, le secrétariat d’Etat chargé du développement de la région capitale a lancé un certain nombre d’opérations qui pourront se concrétiser très rapidement lorsque le texte sera promulgué.

Comme il l’a fait pour préparer son projet de loi sur le Grand Paris, adopté hier par les députés par 299 voix pour et 216 contre, Christian Blanc associe étroitement les élus locaux, à commencer par les maires qui l’acceptent, aux prochaines étapes de son projet.
Le secrétaire d’Etat chargé du Développement de la région capitale a annoncé hier qu’il faisait travailler sur ses propres crédits le cabinet de l’architecte allemand Finn Geipel, l’équipe « Fin » de la consultation internationale sur le Grand Paris, sur un projet urbain englobant les villes de Clichy, Montfermeil, Sevran et Aulnay-sous-Bois. Choisie sur appel d’offres, cette équipe travaille « en liaison totale avec ces quatre communes qui ont décidé des conclusions de ce concours », affirme Christian Blanc.
D’autres projets, à commencer par celui de l’aménagement d’une partie du plateau de Saclay, sont engagés mais le secrétaire d’Etat ne souhaite pas les rendre publics pour ne pas gêner, dans le contexte électoral actuel, les élus concernés. Il rend néanmoins un hommage appuyé aux efforts d’élus locaux tels Patrick Braouezec (PCF) en Seine-Saint-Denis, qui se battent pour faire valoir les atouts de leurs territoires. Des « jachères économiques » comme on en trouve autour du Bourget appelé à devenir un pôle économique et urbain important qui sera complété d’une composante culturelle.
Désamorcer les critiques
Parce qu’ils seront prêts, ces projets seront les premiers repris dans les contrats territoriaux que les communes ou leurs groupements pourront passer avec l’Etat dans le cadre de la loi sur le Grand Paris. Une manière pour le secrétaire d’Etat de montrer qu’il travaille déjà avec les architectes du Grand Paris. Il remarque d’ailleurs que son projet n’a pas soulevé d’opposition sur le fond à l’Assemblée nationale, « un vrai débat, à mon sens très constructif et serein », souligne-t-il en mettant en avant les améliorations qui y ont été apportées par voie d’amendements. Il n’en souhaite pas moins continuer à désamorcer les critiques en soulignant que le métro automatique, dont une vingtaine des quarante gares seront reliées au réseau existant, concerne déjà 5 millions d’habitants. Il ajoute que la loi respecte les prérogatives des communes et de la région, dont il espère qu’elle débloquera son schéma de développement après les régionales. Les communes ne seront pas contraintes de signer des contrats de développement territorial avec la société du Grand Paris chargée d’aménager les abords des gares dans des périmètres qu’elles pourront choisir. De même pourront-elles décider avec l’Etat des équipements, des systèmes de transport local et du type de logements à construire.
Christian Blanc, qui ne voit pas quel maire pourrait annoncer à ses électeurs qu’il a refusé une telle manne, juge qu’il pourra ainsi constituer des pôles de développement « suffisamment attractifs pour attirer les capitaux » et financer en partie ses projets. Aussi souhaite-t-il aller vite. Le maintien de la procédure d’urgence au Sénat permettrait de promulguer la loi au printemps et de lancer le débat public en septembre 2010 pour lancer les travaux du métro en 2013.
DOMINIQUE MALECOT
source : LesEchos 2/12/2009