Twitter fait fureur dans les milieux politiques. Il permet de réagir sur tout, tout de suite. Mercredi matin, Jean-Paul Huchon a utilisé ce microblog pour interpeller en direct François Fillon, l’invité d’Europe 1. « Vous êtes rassemblés mais vous n’avez aucune réserve pour le second tour. Vous serez battus », a lancé le président PS sortant de la région Ile-de-France, candidat pour un troisième mandat.
Ce à quoi le chef du gouvernement a répondu en direct que les Franciliens se prononceront les 14 et 21 mars « sur un bilan, celui de M. Huchon, douze ans, et puis sur le projet de Mme Pécresse qui incarne un vrai renouveau et qui a réussi de façon exceptionnelle à redresser les universités françaises ».
À moins de six semaines des élections, les trois principaux candidats : Valérie Pécresse pour l’UMP, Jean-Paul Huchon pour le PS et Cécile Duflot pour Europe Écologie-Les Verts, ont désormais présenté leur programme et s’appuient sur l’actualité pour le défendre.
Ainsi, mardi, un élève de 14 ans a été agressé dans un lycée de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel a mis en cause mercredi la responsabilité de la région et du département, tous deux à gauche, pour ne pas avoir suivi les préconisations faites après un diagnostic de sécurité datant, a-t-il assuré, « du mois de mai dernier ».
Valérie Pécresse, qui consacre une large place à la sécurité dans son programme et a même enrôlé un commandant de police en exercice, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers, Bruno Beschizza, comme tête de liste en Seine-Saint-Denis, est à son tour montée au créneau. Elle a reproché au conseil régional et au conseil général du Val-de-Marne de n’avoir « pas pris les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la tranquillité de tous ». « Par leur passivité, a-t-elle dénoncé, ils ont manqué à leurs responsabilités et se trouvent aujourd’hui en faute. »
Dans un communiqué, Jean-Paul Huchon s’est défendu, assurant n’avoir « pas reçu des services de l’État les diagnostics de sécurité effectués sur le Val-de-Marne » et affirmant avoir consacré « 57 millions d’euros sur la période 1999-2009 dans la sécurité des lycées ». Et si rien, ou presque, n’est dit dans son programme sur le thème de la sécurité, c’est, assure son entourage, parce que « toutes les demandes qui ont été faites par les lycées en matière de sécurité ont été satisfaites ».
Les Verts veulent se démarquer
Le président PS s’est entouré d’une équipe renouvelée et rajeunie à l’image d’Ali Soumaré, tête de liste dans le Val-d’Oise, ou d’Abdelhak Kachouri en Seine-Saint-Denis. Mais il compte aussi sur la dynamique ascension d’une femme, Anne Hidalgo. Tête de liste à Paris, la première adjointe du maire PS Bertrand Delanoë se démène d’autant plus qu’elle a en ligne de mire les municipales de 2014.
Face à cette équipe sortante dont elle partage le bilan, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, cherche à se démarquer. Face à la « transition écologique » vantée par Huchon, qui affirme avoir fait de l’Ile-de-France « la première éco-région d’Europe », elle propose une véritable « conversion » en la matière. Elle sait qu’il lui faut donner des gages du sérieux et de l’originalité de sa démarche.
Cécile Duflot cherche aussi à réagir au flottement qui touche sa formation en Ile-de-France. À l’automne, elle faisait trembler le président sortant sur son socle.
Dans le tourbillon de l’excellent score des Verts aux européennes de juin, on se demandait si les écolos n’allaient pas devancer les socialistes au premier tour, avant un match entre deux femmes au deuxième tour. Depuis, les choses se sont tassées. Le dernier sondage, celui de l’Ifop publié par Valeurs actuelles le 13 janvier, donnait Pécresse en tête avec 32 % devant Huchon avec 24 % puis Duflot créditée de 17 %. « Il faut laisser aux Franciliens le temps de se prononcer sur le fond de notre programme », argumente Augustin Legrand des Enfants de Don Quichotte, présent sur la liste parisienne.
« Il y a cinq ans, nous n’aurions jamais fait des propositions aussi musclées, sérieuses et qualitatives », ajoute Jean-Vincent Placé, président sortant du groupe Verts. Elles seront testées lundi soir auprès des deux autres candidats - ainsi que d’Alain Dolium, du MoDem -, lors d’un débat organisé sur LCI.
Sophie de Ravinel