Jacques Attali entre en scène sur l’Axe Seine ...
"Grand Paris : il y a urgence !" Chargé d’une mission d’étude sur les enjeux du Grand Paris pour l’axe Seine, Jacques Attali estime que le temps presse.

Le projet de Grand Paris consiste à développer l’agglomération parisienne notamment vers l’Ouest pour offrir une façade maritime à la capitale. C’est par les trois Chambres de commerce de l’Estuaire (Le Havre, Fécamp-Bolbec et du Pays d’Auge) que Jacques Attali a été missionné. Elles veulent s’assurer qu’elles ne seront pas écartées du projet.
Entouré d’un collège d’experts Jacques Attali et ses associés ont réalisé, depuis novembre, une centaine d’entretiens auprès d’acteurs locaux, nationaux et internationaux. Puis ils se sont réunis, durant trois jours à Deauville, afin de préparer le rapport final qui sera remis aux CCI et publié en mai.
Cinquante propositions y seront développées.
Elles s’appuieront sur quelques idées forces comme le fait que Paris, Rouen, Le Havre et l’estuaire jusqu’à Caen ont un destin commun.
Selon l’ancien conseiller de François Mitterrand, les trois villes et les ports normands seraient condamnés à végéter sans un lien plus fort avec Paris et l’Europe continentale.
Jacques Attali plaide en faveur d’une "action globale et d’une gouvernance très forte du territoire". Gouvernance qui , selon lui, ne devra pas être un organe politique supplémentaire, mais bien une structure purement administrative. La réunification des deux Normandie ne constituant pas, à ses yeux, un préalable, pourvu qu’elles travaillent ensemble. C’est là que le bât blesse, justement puisque les élus bas-normands, se sentent tenus à l’écart du projet, notamment du grand rassemblement qu’Antoine Rufenacht organise au Havre le 4 mai autour du projet.
Pour autant, sans verser dans le pessimisme, l’économiste estime que "si certaines étapes ne sont pas atteintes dans un certain ordre et à certaines dates, le projet sera à ranger sur le rayon des utopies ".
La terre tourne très vite et il n’y a pas la place pour cinquante capitales mondiales, estime-t-il. "Si Paris veut conserver une situation prédominante sur la scène internationale, il est indispensable de lui donner une façade maritime grâce aux ports de Rouen et du Havre. Et que des décisions soient prises très rapidement. Quitte à ce qu’elles soient imparfaites, quitte à ce que nos propositions s’appuient sur des compromis qui permettent de dépasser certaines lourdeurs administratives".
source : France3.fr 3/04/2010