Les investisseurs du Moyen-Orient séduits par le Grand Paris
Loin de rebuter les financiers, l’importance et la sécurité des investissements à réaliser dans le cadre du Grand Paris attirent les capitaux du Moyen-Orient.

Les investissements nécessaires à la réalisation du Grand Paris dépasseront largement les 33 à 35 milliards d’euros prévus pour son seul réseau de transports. A lui seul, le plan de renouveau du quartier d’affaires de la Défense, l’un des pôles de croissance économique du Grand Paris, suppose 6 milliards d’euros de travaux dans les trois ans à venir. Et un nouveau plan de développement se profile.
Paradoxalement, l’importance des sommes en jeu suscite plus d’interrogations en France qu’à l’étranger.
Que ce soit à Abu Dhabi, en Arabie saoudite ou au Liban, l’association Paris Ile-de-France capitale économique, qui réunit de grandes entreprises françaises sous l’égide de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, a réussi à mobiliser à la mi-mars les principaux investisseurs du Moyen-Orient pour leur présenter le projet. Ceux-ci ont été intéressés par la sécurité juridique qu’apportent le système notarial français et des projets de grande envergure, tels que la tour Phare (900 millions d’euros) à la Défense ou la tour Triangle dans le 15 e arrondissement de Paris réalisées par Unibail Rodamco.
Dans l’immobilier, ces investisseurs recherchent des biens exceptionnels susceptibles de leur assurer des rendements à deux chiffres. « Ils chassent dans le monde entier et prendront ce qu’il y a de mieux, ils jugent être en position de choisir et d’être exigeants », rapporte l’un des participants à ces rencontres. Confiant, il estime que « ces investisseurs sont attirés par la bonne tenue des loyers parisiens face à ceux de Londres qui, dans certains cas, ont chuté de moitié ces dernières années et plus encore par la stabilité du couple loyers-taux d’intérêt ». Leur connaissance du terrain témoigne de l’intérêt que portent certains d’entre eux aux immeubles d’exception du Grand Paris. « Ils connaissent tout, un quartier comme la Défense n’a pas de secret pour eux, ils sont au courant de tous les deals, y compris de ceux qui ont raté », raconte, admiratif, un autre participant.
La Caisse des Dépôts intéressée
Ces financiers recherchent aussi des investissements à très long terme tels que pourraient en absorber les infrastructures de transport, les terrains concernés par les contrats de développement territorial autour de la cinquantaine de nouvelles gares du Grand Paris ou encore ceux des universités.
L’importance de la demande est telle que la Caisse des Dépôts et Consignations est déjà prête à mobiliser ses filiales sur certains aspects du projet (ingénierie, immobilier, transport, logement social, financement des entreprises et d’infrastructures…) et à accompagner le projet à l’aide de moyens financiers et techniques. Elle pourrait avoir intérêt à étudier un véhicule spécifique adapté à ces investissements hors normes. Il faudra pour cela que le gouvernement, les collectivités locales et les entreprises concernées précisent suffisamment leurs projets.
A la mi-mars, certains investisseurs voulaient déjà savoir combien de logements allaient être construits, à quelle population ils seraient destinés et combien d’emplois allaient être créés.
Dominique Malecot
source : LesEchos.fr, 25/03/2011