Lancement du 1er chantier : L’importance du développement durable dans les propositions
Ouvert à ratification il y a 10 ans, le protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique mobilise les pays signataires jusqu’en 2012. Il est connu comme tant le premier calendrier chiffré qui engage la communauté internationale en faveur de l’environnement. Mais depuis 10 ans, de nouvelles connaissances et de nouvelles prises de conscience conduisent à souligner le rôle majeur du développement des métropoles dans l’équilibre environnemental de la planète.
Historiquement, les métropoles apparaissent au XIXe siècle à travers la figure spatiale des villes confrontées aux enjeux politiques de l’industrialisation. Au cours du XXe siècle, elles assument plus ou moins le rôle de régulateur social et démocratique ; leur métamorphose progressive s’exprime dans le passage d’une ville de la production à une ville de la consommation. Depuis, elles subissent une pression économique et démographique sans précédent qui remet en question cette échelle, cette cohérence, cette identité politique et culturelle héritée de la modernité.
Aujourd’hui, la métropole du XXIe siècle se profile donc comme une « présence territoriale » dont les caractéristiques vivantes font l’objet de toutes les spéculations. Certaines sont évidemment socioéconomiques et politiques. D’autres sont plus spatiales et culturelles, nourries depuis plus d’un siècle par les sciences de la ville et l’art urbain. Elles interrogent notamment les disciplines de l’aménagement de l’espace sur la pertinence des échelles de perception, de conception et de transformation des territoires métropolitains. Elles interrogent aussi les acteurs professionnels de cette évolution permanente au sujet des temporalités qui qualifient le « temps long » des paysages urbains, suburbains et ruraux.
Mais face aux mutations de plus en plus rapides et incontrôlées de la ville territoriale, comment faut-il repenser la fonction du modèle spatial dans les procédures de négociation entre ces multiples acteurs ? Quelles stratégies faut-il imaginer pour pouvoir maîtriser le développement de qu’on pourrait appeler une « métropole négociée » ? Comment un monde abstrait façonné par les flux, les énergies et les informations peut-il participer aux représentations collectives d’une métropole humaine à l’échelle territoriale ? Et puis, faut-il raisonner en termes de stratégie programmatique, d’armature territoriale, de logique énergétique ou d’équilibre écologique ?
Tel est le type de questions qui se posent lorsqu’on tente d’appréhender et d’analyser la réalité mondialisée du maillage des métropoles contemporaines. Tel est l’esprit de ce premier chantier de la consultation qui exige, non seulement de construire un objet de recherche pertinent par rapport à la problématique générale, mais aussi d’adopter une méthode efficace et des modes de représentation originaux, souvent expérimentaux, correspondant au positionnement théorique de chaque équipe pluridisciplinaire. Car c’est à partir de cette méthode (atlas, scénarios, fictions, récits…) que la vertu didactique des productions de recherche sera garantie.
Pour cette analyse prospective de « La métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto », il convient donc de comprendre les enjeux d’une correcte adéquation entre les approches conceptuelles et leurs représentations matérielles en assumant, le cas échéant, que les représentations soient elles-mêmes l’objet du travail de recherche.
En savoir + : Le Ministère de la Culture a développé un site sur le Grand Paris !