Mars 2010 : Les 23 présidents de régions socialistes font bloc contre la réforme des collectivités locales
Les conseillers élus dimanche dernier ont désigné, hier, leurs présidents. Sitôt réélus, les 23 présidents de gauche ont menacé de remettre en cause leurs engagements envers l’État.

« Le gouvernement voulait faire de l’élection régionale un référendum sur la réforme des collectivités locales. Ce référendum, ce sont les Régions qui l’ont gagné ! » Les vingt-trois présidents socialistes (sur 26) ont profité de leur installation, hier, pour demander l’arrêt de la réforme territoriale engagée par le gouvernement. Georges Frêche (Languedoc-Roussillon) n’a pas été associé à la démarche.
La principale mesure de cette réforme est très critiquée par la gauche : la création d’un conseiller territorial qui, à partir de 2014, siégerait à la fois dans les assemblées régionales et départementales. Cette mesure a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et doit encore être votée par le Sénat. Le Parlement doit aussi examiner deux autres textes : l’un sur le système électoral et l’autre sur la répartition des compétences entre la Région et le département.
Contrat de plan gelé
Dans une déclaration commune, les présidents exigent du gouvernement qu’il s’engage vers « une nouvelle étape de la décentralisation ». Ils lui demandent de donner aux Régions « les moyens institutionnels et financiers de leur développement ». Si elles n’obtiennent pas satisfaction, les Régions de gauche menacent de « remettre en cause certains de leurs engagements envers l’Etat », en dehors de leurs compétences obligatoires : routes nationales, lignes à grande vitesse, etc.
En Pays de la Loire, Jacques Auxiette a annoncé qu’il allait « geler » la part régionale du contrat de plan 2007-2013 signé entre la région et l’État. En Ile-de-France, Jean-Paul Huchon a demandé le retrait du projet de loi du Grand Paris. Réplique acerbe de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP : les socialistes « cherchent à diviser le pays alors que nous sommes en crise ». Le PS poursuivra l’offensive, aujourd’hui, lors d’un conseil national consacré à « la défense des territoires ».
Seuls cinq nouveaux présidents font leur entrée dans le cercle des 26 présidents de Région : Philippe Richert (Alsace), Dominique Bucchini (Corse), Didier Robert (Réunion), Rodolphe Alexandre (Guyane) et Serge Letchimy (Martinique).
Les femmes ne sont que deux : Ségolène Royal (Poitou-Charentes) et Marie-Guite Dufay (Franche-Comté).
Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, pourtant l’allié du PCF au sein du Front de gauche, a fait savoir que ses élus ne participeront pas aux exécutifs régionaux. Ces élus garderont leur liberté de vote.
En Ile de France, quinze vice-présidents entoureront Jean-Paul Huchon : huit du PS, cinq d’Europe Écologie, deux du PCF. Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts, a été élu deuxième vice-président chargé des transports et des mobilités.
source : ouest france 27/03/2010