Le budget logement des franciliens (Aïh !)
Plus de 40 % des actifs Franciliens dépensent plus du tiers de leurs revenus à se loger. Une enquête réalisée pour PERL révèle que seuls 52 % des Franciliens sont propriétaires.

« Plus de 40 % des actifs franciliens sont en situation financière vulnérable en dépensant plus du tiers de leurs revenus mensuels pour se loger et préserver un minimum de qualité de vie », constate une enquête réalisée par le groupe PERL. Quant à leur situation immobilière, une petite majorité est propriétaire (52 % contre 43 % de locataires).
L’étude révèle que « pour 38 % des propriétaires et pour 42 % des locataires sociaux », plus de 30 % des revenus nets mensuels sont consacrés au logement. Autre constat : « Les actifs de moins de 35 ans et les personnes aux revenus entre 1 000 et 3 000 euros nets mensuels sont surreprésentés parmi les locataires du secteur privé ». En effet, « il existe pour les moins de 35 ans une réelle difficulté à rentrer dans le parc social : ils représentent 10 % des locataires sociaux alors que le taux moyen du sondage est de 17 % », regrette le groupe. Par conséquent, le parc locatif privé devient « la variable d’ajustement pour pouvoir se loger en Ile de France ».
Ainsi, « près de 70 % des locataires actifs franciliens préfèrent rester locataire d’un logement bien situé que propriétaire dans un environnement qui ne correspond pas à leur souhait », révèle l’enquête. En réalité, les actifs franciliens choisissent leur logement sur 3 critères : « un prix abordable (pour 68 %), un logement de qualité (67 %) et enfin, la qualité de vie proposé par le quartier choisi (58 %) ».
A propos de la distance logement/travail, les résultats de l’enquête démontre qu’elle « n’a de répercussion particulière, ni dans le souhait de changer de résidence ou de quitter la région francilienne, ni dans le choix d’un nouveau logement où ce critère de choix se place en 4ème position avec seulement 35% de citations ».
A l’heure de l’examen du projet de loi Grand Paris essentiellement consacré au métro automatique et aux questions institutionnelles, ce sondage montre « qu’il est également important de se préoccuper de la question du logement accessible aux actifs des classes moyennes, pour aider ces forces vives à rester en Ile de France et construire la future « ville monde » », conclut PERL. Par ailleurs, 60 % des sondés souhaitent changer de logement et pour un quart de ceux qui souhaitent changer, le logement idéal est situé hors de l’Ile de France. « Le désir de quitter l’Ile de France est équitablement réparti parmi les différentes catégories d’actifs », constate l’enquête. Cependant « 3 catégories sont surpondérées. Les professions intermédiaires, les familles avec enfants et les actifs les plus âgés sont les plus enclins à souhaiter quitter l’Ile de France ».
Nathalie Giusti
source : NouvelObs.com 12/04/2010