En plein débat public sur les aménagements de transports de notre région, peut-être est-il bon de réfléchir au rôle que peuvent jouer nos braves routes nationales dans l’ensemble du dispositif et aux reconversions possibles pour leur éviter un départ en retraite prématuré…
Le 16 octobre 2010, l’association « Cœur d’Essonne* » organisait un débat sur l’aménagement de la Nationale 20, offrant une « étude de cas » idéale pour mesurer à quel point aussi le développement des transports doit être planifié avec vigilance.

Pour ceux qui n’ont jamais été spécialement bons en géographie, la Nationale 20 est une horrible route qui traverse le département de l’Essonne … Aménagée de part et d’autre de façon totalement anarchique avec une concentration de tout ce que l’urbanisme peut compter de plus laid … elle est de surcroît embouteillée du matin au soir …
C’est quoi le projet d’aménagement de la Nationale 20 ?
Rappelons d’abord que si les déplacements en voiture représentent 60% des déplacements en grande couronne, ce n’est pas parce que les habitants de grande couronne aiment spécialement respirer du CO2, mais plutôt parce que la plupart du temps, ils n’ont pas d’autre choix.
Les réactions des habitants à l’occasion du débat public sur les transports montrent bien d’ailleurs que le maillage ne sera jamais suffisant et que malgré toute l’intelligence des deux projets, les transports publics ne conviendront jamais non plus à toutes les catégories d’usagers, par exemple les plus fragiles.
Donc la voiture restera toujours une solution utile et nécessaire pour une partie des franciliens, n’en déplaise à ceux qui se réjouissent déjà de la pénurie d’essence qui nous guette !
Et c’est en cela que le projet d’aménagement de la Nationale 20 est un « bon » projet :
il combine différents modes de transports et laisse le libre choix aux usagers (une route, des pistes cyclables de part et d’autre, et au milieu un transport public) ;
il adoucit la « fulgurance » de la trajectoire en la ponctuant de « sorties » qui permettent de desservir aussi les zones riveraines secondaires ;
il la raccorde au Grand Huit, qu’il permet ainsi de compléter sans redondance inutile.
C’est en résumé une façon pleine de bon sens de permettre à cette vieille route de ne pas partir à la retraite trop tôt, en lui offrant en quelque sorte une deuxième jeunesse …

Quelles peuvent être les conséquences en matière d’urbanisation ?
En fait, le « cœur de l’Essonne » est actuellement comme une jolie petite feuille de salade prise en sandwich entre deux gros « pôles économiques » du Grand Paris (Saclay et Evry) c’est à dire comme d’autres territoires de la grande couronne : un territoire enclavé mais préservé !
Et les essonniens, ravis des perspectives que leur offre la dynamique des pôles, ainsi que de l’amélioration de leurs déplacements quotidiens, s’interrogent quand même sur les débordements possibles en matière d’urbanisation :
Le financement du projet n’implique-t-il pas le développement de programmes immobiliers fructueux le long de cette belle route toute neuve ?
Rendre les territoires plus accessibles, n’est-ce pas prendre le risque d’attirer un surplus de population, séduit lui aussi par les futurs pôles ou « projeté » hors de Paris et de la petite couronne pour cause de flambée des prix ?
Effectivement, pour des raisons financières ou parfois pour de simples raisons pratiques, les zones désenclavées créent un « appel d’air » qu’il faut pouvoir contenir pour éviter que l’étalement urbain ne soit trop prolifique et nuise à la beauté des paysages.

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En quoi ce « mini Grand Paris », peut-il nous éclairer dans le débat public sur les transports, de cet automne ?
N’oublions pas qu’il y a dans notre région un beau patrimoine de « Nationales 20 » dont les aménagements sont compatibles avec une haute exigence environnementale … qui peut compléter l’offre de transports publics … de quoi calmer les ardeurs des "fous du béton" …
Interrogeons les différents protagonistes sur les mesures à prendre en amont du déploiement de leurs projets pour éviter qu’ils ne dégénèrent en prolifération urbaine incontrôlable …
Taillons nos crayons pour dessiner notre Grand Paris, compact ou multipolaire mais qui saura combiner harmonieusement performance économique et ambiances bucoliques.
Valérie Blanquefort
Présidente
Mais qui est "Coeur d’Essonne" ?
… un cercle de réflexion composé d’acteurs politiques, économiques et associatifs … pour étudier les projets en cours sur le territoire essonnien.
Nous sommes à l’écoute de l’évolution de notre environnement pouvant créer des incidences sur notre qualité de vie. Coeur d’Essonne est partenaire des Nouvelles Parisiennes . Présidente : Isabelle Perdereau (coeurdessonne@gmail.com)
