
L’observation des différents découpages institutionnels (administratifs ou de planification) et des zonages fonctionnels liés aux données sur les
déplacements (navettes domicile-travail ou domicile-étude, les attractions des équipements et services de grande couronne) ne permet pas de
dégager facilement une géographie des bassins de vie franciliens.
Un bassin de vie peut prendre de multiples formes selon le(s) critère(s) choisi(s) pour mettre en évidence les solidarités entre les communes. Il est fort rare qu’un périmètre mis en évidence dans le cadre d’un thème particulier coïncide avec un autre.
Autrement dit, un centre hospitalier ne couvre pas le même territoire qu’un lycée. C’est pourquoi il vaudrait mieux parler de « bassins de vie » au pluriel car la vie de chaque individu se manifeste sur des territoires multiples.
Néanmoins, au regard des différentes aires d’attraction ou zones de compétences, il apparaît des permanences d’organisation spatiale autour d’une même polarité.
Autrement dit, il est généralement possible d’identifier un même ensemble de communes polarisées autour d’un même centre urbain, soit des espaces monopolarisés.

Cette notion de bassin de vie en fonction des permanences géographiques est davantage marquée en grande couronne et tout particulièrement aux franges de la région (Est Seine-et-Marnais et Sud Essonnien), des espaces moins sensibles aux attractions de
l’agglomération centrale, peut-être plus autonomes.
En revanche, dans la zone d’influence du centre de l’agglomération où les flux sont fortement entrecroisés, les espaces de vie se recouvrent partiellement rendant leur délimitation difficile. Le coeur de l’agglomération offre un tel choix d’équipements ou de possibilités d’emplois que, de fait, cet espace est multipolarisé.
Des aires de polarisation qui s’élargissent en périphérie
Quelle que soit la thématique observée, le nombre de communes polarisées autour d’un même centre est sensiblement plus élevé en périphérie dès lors que l’influence de l’espace multipolarisé central s’affaiblit avec l’éloignement.
Au-delà de l’agglomération centrale, le semis urbain de grande
couronne devient plus régulier et moins dense permettant ainsi l’élargissement des aires d’attraction dans toute la couronne périphérique
francilienne. La structuration de l’espace rural est alors visible s’organisant autour de noyaux urbains historiques tels que Meaux, Coulommiers, Provins, Montereau, Melun, Fontainebleau, Nemours, Etampes, Dourdan, Rambouillet, Houdan et Mantes.

Dans les zones de faible densité, où l’espace-temps s’agrandit grâce à l’usage de l’automobile, les aires d’attraction sont encore plus étendues.
Au sein de ces larges espaces polarisés, il est possible de constater des bassins de vie de proximité composés d’un centre urbain secondaire
répondant aux besoins quotidiens en services et commerces des habitants. Un centre secondaire, appelé aussi centre-relais ou centre
complémentaire, propose des activités plus courantes que le centre principal, moins nombreuses ou moins attractives, touchant une population moins importante.
C’est le cas du vaste territoire Nord Seine-et-Marnais dominé par la ville de Meaux où la commune de Lizy-sur-Ourcq polarise dans une moindre mesure l’espace rural le plus distant de Meaux. Certains centres secondaires sont également spécialisés car ils disposent d’un
équipement d’envergure intercommunale que le centre principal n’offre pas (par exemple un centre commercial ou un multiplexe cinématographique).
Un réseau hiérarchisé de centres de vie peut parfois se constituer, si le centre principal rayonne sur un large territoire rural.
Des effets de multipolarisation dans les secteurs comportant plusieurs centres urbains de même importance

Outre l’espace central densément aggloméré et multipolarisé, certaines parties du territoire régional, dont la plaine de Versailles et la Brie boisée,
sont sujettes à des phénomènes de multipolarisation du fait de la présence de plusieurs centres urbains d’importance similaire.
Ainsi, dans ces secteurs, les attractions communales sont fragmentées et varient selon les besoins.
La hiérarchisation des polarités urbaines ne peut se traduire en raison de la concentration de pôles d’influence voisine ; c’est le cas :
· Dans la Brie boisée, où les centres de Tournan, Gretz, Ozoir, Roissy et Pontault-Combault se situent le long d’axes de communication
structurants (RN4 et RER E).
· Dans la plaine de Versailles, où la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines s’est construite autour de plusieurs centres (Guyancourt,
Montigny-le-Bretonneux et Trappes) et à proximité d’un centre ancien de même envergure (Plaisir).
Dans ces espaces multipolarisés, le choix des habitants peut varier en fonction des services et biens qu’ils désirent ou selon des critères plus
« sociologiques » (habitudes, entourages par exemple) ou bien selon les facilités d’accès (proximité d’une autoroute ou d’une desserte ferroviaire).
Ces espaces peuvent être appelés des « zones d’indécisions relatives ».
