Réfléchir : Habiter ou travailler près d’une gare de banlieue, quels effets sur les comportements de mobilité ?
Les quartiers de gare doivent être des lieux privilégiés de la densification, tant en termes
d’offre d’habitat que d’emploi, afin d’améliorer la mobilité des Franciliens et de mieux
rentabiliser les investissements publics réalisés ou " venir ". C’est en ces termes que le projet
de SDRIF arrété le 15 février 2007 formule l’une de ses orientations fondamentales.
L’objectif poursuivi est clair : offrir une meilleure accessibilité en transports collectifs et
encourager leur utilisation.

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Aller directement à la conclusion de l’étude :
1) La proximité à une gare influence-t-elle la décision de recourir à la voiture, toutes les
autres caractéristiques de l’individu étant neutralisées ?
La réponse est oui.
Habiter ou travailler près d’une gare 36
Toutefois l’impact de ce facteur est assez faible comparé à celui d’autres déterminants pris
en compte dans nos modèles. Il se rapproche de celui du type d’habitat ou de la présence
d’enfants, ce qui n’est pas négligeable. Mais il est très éloigné du caractère prépondérant de
certains déterminants comme le taux de motorisation, la proximité au lieu de travail ou encore
le sexe, l’âge et l’activité. Les graphiques ci-dessous donnent une représentation graphique
des différents facteurs influençant la probabilité de recourir à la voiture permettant de les
comparer entre eux et donc de les hiérarchiser.
2) La proximité à une gare fait-elle partie des déterminants de la distance parcourue tous
motifs confondus, les autres étant neutralisés ?
La réponse est non.
Dès lors que l’on prend en compte les autres caractères de l’individu et que l’on s’intéresse à
ceux qui ont déjà pris la décision d’utiliser leur voiture, la proximité à une gare n’influence
plus l’intensité de cet usage. Ce sont les autres variables retenues qui permettent d’expliquer
la distance parcourue en voiture, la proximité à une gare ne ressortant pas comme un facteur
significatif.
3) Enfin, les déterminants de ladite distance ont-ils une influence différente sur les individus
habitant à proximité d’une gare et sur les autres ?
Cette fois, la réponse est oui.
D’une manière générale, le recours à un test économétrique spécifique permet de dire que le
nombre de kilomètres parcourus en voiture ne se détermine pas de la même manière pour les
individus habitant à proximité d’une gare et pour les autres. Pris dans leur globalité, les
déterminants de l’intensité de l’usage de la voiture n’ont pas le même impact sur ces deux
sous-populations. Dans le détail l’analyse des résultats spécifiques à chaque sous-population
et leur comparaison permettent de mettre en lumière quelques différences non négligeables.
En premier lieu, la proximité à une gare annule pour partie l’effet de l’éloignement
géographique. Elle permet ainsi de rendre similaires (les autres caractéristiques étant
neutralisées) les comportements à l’intérieur de la zone dense (zones 2 à
4). Ensuite cette
proximité annule l’impact de la seconde voiture du ménage sur la distance parcourue. Pour les
individus habitant près d’une gare, ce n’est qu’à partir de 3 voitures au foyer que la distance
parcourue par individu s’accroît significativement. Toutefois ces variations sont, le plus
souvent, relativement faibles et, par ailleurs, ont parfois des effets opposés.
Au final la
réponse à cette troisième question est bien un oui, mais surtout un « oui mais ». Oui les
paramètres sont différents selon que l’on habite ou non à proximité d’une gare mais il est
difficile d’affirmer de manière péremptoire qu’il y a bien un gain net à résider près d’une gare.
Source : Etude IAU Novembre 2007