Siemens mise sur l’écologie urbaine
Le groupe assure que son portefeuille environnemental représente déjà 30 % de son chiffre d’affaires total.
Il y a quelques années, le groupe Siemens s’est interrogé sur l’évolution de la société mondiale afin de mieux définir sa stratégie de long terme. Trois tendances lourdes ont été dégagées : le vieillissement de la population, l’urbanisation croissante du monde et les enjeux environnementaux qui dictent une nouvelle politique d’économies et de recyclage des ressources naturelles. C’est ainsi que le slogan : « Innover pour une ville durable » est devenu l’un des mots d’ordre du groupe industriel. Siemens parie sur des investissements massifs dans les infrastructures des grandes villes, dont la majeure partie sera consacrée à des solutions écologiques. Il a, par exemple, mené une étude approfondie sur Munich, qui souhaite réduire de moitié ses émissions de CO2 d’ici à 2030, pour conclure qu’une baisse de 90 % d’ici à 2050 était réaliste, sans impact sur la qualité de vie.
D’ores et déjà, Siemens déclare que 30 % de son chiffre d’affaires, soit 23 milliards d’euros en 2009, sont en lien avec des produits et solutions dédiés à la protection du climat, notamment des « solutions d’infrastructures urbaines écologiques ». Dans le secteur du bâtiment, le groupe a ainsi mis au point des contrats de performance énergétique, qui permettent de réduire les consommations d’au moins 30 %. 6.500 contrats de ce type ont déjà été réalisés, ce qui, mis bout à bout, aboutirait selon l’entreprise, à une économie de 1 milliard sur la facture énergétique et une réduction d’émission de 2,4 millions de tonnes de CO2.
Sa filiale d’éclairage Osram a, par exemple, revu l’ensemble du système d’éclairage de l’OCDE à Paris, grâce à un système intelligent avec cellule de détection de présence et de mesure de luminosité.
Centrales thermosolaires
L’autre grand vecteur de développement concerne les transports publics, identifiés comme le point noir du développement urbain. Le dernier métro livré à Oslo consomme 30 % de moins d’énergie que ses prédécesseurs, tandis que 95 % des composants sont recyclables. En France, le groupe travaille sur l’automatisation de la ligne 1 du métro parisien et s’intéresse de près aux développements attendus du projet du Grand Paris. De manière plus anecdotique, le remplacement des feux de signalisation d’une ville par des lampes LED peut permettre de réaliser jusqu’à 80 % d’économies. « Pour une métropole comptant 700 carrefours à feux, les économies annuelles peuvent dépasser le million d’euros », promet Philippe Carli, président de Siemens France.
Producteur d’énergie, Siemens est également actif dans toute la gamme des énergies renouvelables et croit beaucoup dans le développement des centrales thermosolaires. Mais l’un des champs d’action les plus prometteurs concerne la distribution d’électricité avec le développement des technologies dites « smart grid », qui répondront à la montée en puissance des énergies renouvelables, à la décentralisation des moyens de production et aux besoins futurs du développement des voitures électriques. Mais aussi au transport de l’électricité sur de longues distances afin, par exemple, d’acheminer l’électricité issue des centrales solaires installées au Maroc vers l’Allemagne…
A. B.
source : LesEchos.fr 23/03/2010